CuspAI, une startup de Cambridge créée il y a deux ans qui développe des outils d'intelligence artificielle pour la découverte de matériaux, a clôturé un cycle de financement de série B de 450 millions de dollars soutenu par Jeff Bezos et le gouvernement britannique, portant l'entreprise à une valorisation de 2,6 milliards de dollars et lançant une coalition industrielle qui se lit comme le who's who de la fabrication mondiale. Pour connaître les derniers développements qui façonnent l'industrie de l'IA, suivez AI Buzz Wire pour une couverture complète des histoires qui comptent.
Le cycle a été co-dirigé par Kleiner Perkins et NEA, avec la participation de Bezos Expeditions, le véhicule d'investissement familial de Jeff Bezos. Bloomberg a rapporté que le financement valorise la start-up de matériaux d'IA à 2,6 milliards de dollars, contre 520 millions de dollars dix mois plus tôt, soit environ cinq fois plus en moins d'un an. Le gouvernement britannique a également soutenu le cycle, selon The Guardian, en investissant environ 330 millions de livres sterling dans le cadre de ses efforts plus larges visant à ancrer les entreprises de haute technologie sur le sol britannique.
Un moteur de recherche IA pour le monde matériel
Fondée en 2024 par le chimiste Chad Edwards et le chercheur en IA Max Welling, CuspAI décrit son produit comme un moteur de recherche pour le monde physique. Les utilisateurs précisent les propriétés dont ils ont besoin (conductivité, résistance à la traction, résistance à la chaleur, capacité de captage du carbone) et les modèles de l'entreprise suggèrent des candidats moléculaires qui peuvent ensuite être testés en simulation et en laboratoire, éliminant ainsi des années de chimie d'essais et d'erreurs.
L'entreprise affirme que son approche permet d'identifier les matériaux utilisables jusqu'à dix fois plus rapidement que la recherche et le développement traditionnels. Cette affirmation est désormais mise à l’épreuve par certaines des plus grandes entreprises industrielles de la planète.
The AI Materials Foundry : 48 partenaires et ce n'est pas fini
Parallèlement au cycle de financement, CuspAI a lancé ce qu'elle appelle AI Materials Foundry, un réseau mondial de 48 partenaires fondateurs visant à mettre en commun le calcul, les données, l'accès aux laboratoires et l'expertise scientifique. La coalition comprend Nvidia, Meta, Samsung, Hyundai Motor Group, Applied Materials, Tokyo Electron et Lam Research, des sociétés couvrant la fabrication de puces, la mémoire, les équipements de fabrication de semi-conducteurs et les batteries automobiles.
La mission déclarée de la fonderie est d'accélérer la recherche sur les matériaux pour les semi-conducteurs, les réseaux énergétiques, les batteries et les systèmes industriels associés, y compris les travaux qui pourraient réduire la dépendance à l'égard de métaux rares et coûteux tels que l'iridium et le ruthénium.
La logique industrielle est simple. La découverte de matériaux constitue un véritable goulot d’étranglement dans la fabrication de puces. Applied Materials a rapporté en mars qu'une seule analyse de réaction d'environ 15 000 recherches de chemins – qui prenait auparavant une semaine et demie sur 400 cœurs de processeur – pouvait être réalisée en cinq heures sur un seul GPU Nvidia B200. Il ne s’agit pas d’un exercice de branding ; il s’agit d’un problème de calcul et de physique directement intégré à la chaîne d’approvisionnement de l’IA.
Une équipe fondatrice avec un pedigree scientifique approfondi
Le leadership de CuspAI apporte une profondeur inhabituelle pour une entreprise d'environ 65 employés. Edwards a déjà contribué au développement de Quantinuum, la société d'informatique quantique. Welling était un scientifique éminent chez Microsoft Research avant de diriger la technologie pour Qualcomm.
Le conseil consultatif a un poids qui ouvre des portes tant au monde universitaire qu’à l’industrie. Geoffrey Hinton, qui a partagé le prix Nobel de physique 2024, et Yann LeCun, lauréat du prix Turing qui a quitté Meta pour construire AMI Labs, sont tous deux conseillers. La société a également ajouté Abhi Talwalkar, membre du conseil d'administration d'AMD et président de Lam Research, à son conseil consultatif, tandis que John Giannandrea – l'ancien cadre d'Apple et de Google – aide à développer ses opérations américaines.
CuspAI étend également son empreinte physique. La société ajoute un bureau à Singapour aux centres existants de Cambridge, Amsterdam, Berlin et Tokyo, ainsi qu'un nouveau site à King's Cross à Londres.
Une montée rapide du financement
L'historique de financement de CuspAI illustre la rapidité avec laquelle le discours autour des entreprises d'IA pour la science a changé. La startup a levé un tour de table de 30 millions de dollars en juin 2024, suivi d'une série A de plus de 100 millions de dollars en septembre 2025 codirigée par NEA et Temasek, qui a établi la valorisation de 520 millions de dollars. Le nouveau cycle de 450 millions de dollars représente une accélération spectaculaire.
Peu de startups publient ce type de balisage deux fois en douze mois, encore moins une startup travaillant sur la chimie physique plutôt que sur un chatbot destiné au consommateur. La société a également accès à Isambard-AI, le supercalculateur basé à Bristol, construit avec Nvidia et HPE et soutenu par 225 millions de livres sterling d'investissement public, ce qui lui confère des ressources de calcul comparables à celles d'organisations bien plus grandes.
Vue d'ensemble : le moment Deep-Tech en Grande-Bretagne
L’angle britannique compte au-delà de CuspAI lui-même. L'entreprise a été présentée comme un fleuron de l'initiative AI for Science du gouvernement britannique, un programme conçu pour empêcher les entreprises techniques prometteuses de dériver vers des capitaux américains plus importants et des budgets de calcul plus importants.
Le défi de la Grande-Bretagne a toujours été le manque de capacités commerciales plutôt que le manque de talents scientifiques. CuspAI a toujours son siège à Cambridge et a intégré Jeff Bezos, Kleiner Perkins et NEA dans une entreprise britannique de technologie profonde sans déménager. La question reste ouverte de savoir si cela permettra d’établir un champion européen durable de l’IA ou simplement de marquer un point de passage sur la voie d’une acquisition américaine plus importante.
Pour l’instant, le prochain test de l’entreprise n’est pas un nouveau tour de table. Il doit aider ses partenaires à découvrir des matériaux qu'ils peuvent réellement tester et intégrer dans de vrais produits. Si tel est le cas, CuspAI deviendra l’une des sociétés d’IA les plus importantes en Europe. Si ce n’est pas le cas, cette semaine ressemblera à un nouveau moment où le capital a pris les promesses scientifiques pour des preuves industrielles.
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